[L’]Air capturé est pulsé puis soudainement éjecté du tube métallique dans la lumière chaude. Il se fracasse sur les menuiseries en bois sans aucune évacuation possible. L’Air se déverse à l’image d’un tuyau d’arrosage remplissant une piscine. Il se différencie par son débit, mais se fond rapidement dans le mouvement de matière qu’il amorce par son arrivée. Extrait de Voyage d'AIR

AIR | Voyage d’Air!

Le récit Voyage d’Air, circulant dans les différents espaces de traitement de l’air de l’auberge de jeunesse, y compris les conduites et les gaines, propose de faire exister un nouvel acteur : l’élément « air ». La fabulation tente de décrire ou d’imaginer les espaces non accessibles aux humains pour alimenter les descriptions multiples de l’enquête + Air sous conditions.

[…]
« Dans son tourbillon de décélération, l’Air effleure le vitrage et rencontre une double lame d’Argon captif et immobile qui forme une barrière thermique et existentielle entre l’Air placé sous conditions et l’air urbain virevoltant au gré des courants au milieu des bâtiments. À peine cette liberté extérieure entraperçue lors du moment de flottement, une aspiration grandissante relance le déplacement de l’Air maintenant enrichi. Une bouche avec des lames métalliques verticales et articulées s’approche de plus en plus rapidement. Virage à droite en angle droit, tumultes, volutes, une forte dépression engloutit les particules dans un autre cylindre d’acier. Le pic d’accélération atteint la vitesse de croisière au bout de quelques instants. Les molécules se réagencent et se déplacent parallèlement, quelques jonctions de gaines et virages produisent des turbulences le long des parois. Les sons résonnent puis s’estompent soudainement dans le noir. Le débit continu
est en place. Un léger grondement, celui du silence, se réinstalle. »

[…]

Fiction pour l’enquête sur l’héritage des dispositifs techniques de l’architecture écologique dans l’auberge de jeunesse Yves Robert, Halle Pajol, Paris 18è, avec Emmanuelle Roberties.
Texte et photographie : Yannick Gourvil, 2019

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